Encore beaucoup d'efforts à faire pour que la ville soit accessible à tous

Vendredi 27 mars, c’était la journée mondiale des mobilités et de l’accessibilité. L'occasion de se rendre compte que, même si Nantes est une des villes les plus accessibles de France pour les personnes handicapées, il y a encore beaucoup de progrès à faire.

On aimerait bien pouvoir aller partout, comme tout le monde.

On le retrouve gare sud, où les travaux sont un parfait exemple des difficultés auxquelles il est confronté tous les jours : "On peut monter sur le trottoir, mais en arrivant au bout, on se rend compte qu’on est obligé de faire demi-tour, parce qu’on ne peut pas descendre." Il ajoute : "Et puis il y a aussi beaucoup nids de poule." Les obstacles sur la voirie sont donc nombreux. Le premier d’entre eux reste les escaliers : "Il y a encore des endroits où il y a des marches qu’on ne peut pas monter. On aimerait bien pouvoir aller partout, comme tout le monde."

Les travaux d’aménagements pour plus d’accessibilité sont en pause 

"Les aménagements prévus sont stoppés par le confinement, regrette Jean-Pierre Chambon. On voudrait que revienne à l’agenda politique l’accessibilité universelle, puisque depuis le début du Covid, on n’entend plus parler de rien. C’est très très compliqué de se faire entendre." 

"Pourtant, l’accessibilité universelle concerne tout le monde", martèle-t-il. Les personnes âgées, mais aussi les parents, avec des poussettes, sont en effet contraints d’éviter certaines rues ou certains endroits de la ville. "Ou alors, il faut être très musclé", plaisante Mariam, qui promène son fils dans sa poussette. Elle avoue : "C’est compliqué quand même, c’est la galère en poussette."

On a dû changer trois fois de poussette.

"Les trottoirs trop hauts ou les pavés, rendent compliqué mon trajet avec la poussette, témoigne Lydie, mère de deux enfants, dont une petite fille de trois ans. Les pavés sont parfois déformés, donc les roues des poussettes se prennent dedans, ça les use. Elles se détériorent tellement vite qu’on a quand même dû changer trois fois de poussette." En outre, les pavés"ça fait énormément de rebonds et certains enfants trouvent ça désagréable, ma fille par exemple n’aime pas ça."

Danger et exclusion

Lydie est aussi auxiliaire de vie : "J'ai des personnes en situation de handicap, en fauteuil roulant, et là, c’est plus compliqué, parce que le poids n’est pas le même." Comme Jean-Pierre, elle aussi trouve que certains trottoirs ne sont pas adaptés : "Quand on arrive sur un passage piéton par exemple, certains ont une plate bande, donc on peut très bien descendre. Pour remonter par contre, on se confronte à des changements au niveau de la hauteur des trottoirs. On est obligé de s’y reprendre à plusieurs fois, et ça peut mettre en danger certains de nos résidents."

La rampe d'accès était cassée.

En plus de la voirie, certains commerces eux aussi posent des problèmes"Il y a beaucoup de magasins en centre-ville qui ne sont pas du tout équipés pour, raconte Lydie. En tant qu’auxiliaires de vie, on a voulu emmener des résidents chez un fleuriste, tout bêtement. Mais la rampe était cassée, donc les personnes n’ont pas pu y rentrer. Ils sont mis de côté en fait. Et pour certaines mamans, ou papas, avec des poussettes c’est la même chose !"

Selon un sondage réalisé par l’association APF, en 2020 : en France, 9 personnes sur 10 éprouveraient des difficultés d’accessibilité, lors de leurs déplacements.

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